"Sans pitié"... par Gavroche
" Quelques mots pour un SLAM d’environ trois minutes,
Quelques vers Conventionnels et linéaires
D’une spontanéité officiant pour matière brute.
C’est peut être sans pitié…
Je dis « peut être », comprenez moi bien,
Cadrer les mots dans une fenêtre ne me dérange en rien.
Mais attendre de mes inspirations
Qu’elles s’enferment dans un moule stéréotypé
Ne correspond en aucune façon
à ma définition du terme
« Sans pitié ».
Exulter de joie en sortant des carcans,
Penser son écriture tel le bois
Qui nous rend tous si différent,
C’est être sans pitié…
C’est surement égoïste,
Mais écrire comme on ressent,
Ecrire comme on est,
Comme on vit,
Comme on existe,
Ecrire pour « être » de son vivant,
Ça s’est sans pitié…
Critiquez moi, cela m’aide à ouvrir les yeux.
Jugez davantage d’un regard froid
Que d’un œil complaisant et généreux.
Ce serait sans pitié…
Ah, je vois que vous avez du mal
A me décrypter.
J’imagine que ce langage à l’air bestial
Puisse en effet vous interpeller.
Qu’est ce que « sans pitié »?
Que veut il dire par « sans pitié » ?
Y’a t’il ici une forme d’ironie
Ou bien ne serait ce
Qu’une énième et énorme fantaisie ?
Cultivez votre patience,
Mon SLAM a encore en réserve moins de deux minutes à vous livrer…
Je serai sans pitié, mais avec aisance…
Celui qui blesse autrui,
Qui arnaque son voisin,
Celui qui connecte ses neurones à la violence
Sans se soucier des lendemains,
Il n’est pas sans pitié.
Tout juste seul et abandonné de lui même,
Celui là creuse le trou de son cercueil
Au gré des larmes qu’aura semé sa mauvaise graine.
Celui qui vol,
Celui qui viole sans vergogne,
Celui qu’on voudrait tous voire condamné
Pour sa sale besogne,
Il n’est pas sans pitié.
Tout juste seul et abandonné…
Et puis il y a celui qui donne,
Celui qui lorsqu’on l’accuse bien qu’innocent
N’en garde nulle rancœur et pardonne.
Lui est sans pitié.
Celui qui n’a pas peur de ses sentiments,
Qui exprime son ressentir comme l’oiseau exprime son chant.
Le mec nature,
Amoureux de la vie,
Le mec heureux d’exister tout simplement,
Lui, est sans pitié.
Je ne parle pas de ces gamins,
Ces gosses des quartiers situés quelques rues plus loin.
Rebelles ruminant au milieu de leur foret de gratte ciel,
L’enfance cruelle passé dans ce maquis en béton armé.
Se n'est pas sans pitié, c'est le monde réel...
Parce que nous ne sommes pas tous égaux devant la chance,
Parce que le monde retire à des enfants
La richesse de leur innocence,
Ce n’est pas sans pitié.
C’est juste un monde seul et abandonné à lui même,
Un monde creusant le trou de son cercueil
Au gré des larmes qu’aura semé sa mauvaise graine.
Enfin il y a ce gars levé à 4 heures du matin,
Enfilant son bleu de travail comme on compil un éternel refrain,
Cet ancien chômeur trentenaire qui sait que sa retraite n’est pas pour demain
Préserve son sourire grâce à celle qui lui délivre le même secret
Depuis 10 ans chaque matin :
«Je t’aime, courage, à ce soir mon amour… »
Alors ça ! C’est sans pitié, un langage sans détour … "